Premiers mots après le choc

 

Arrivée à Abadiania en pleine tempête (accusations d’abus sexuels à l’encontre du médium Jean de Dieu) et après une dizaine de jours à écouter le chaos ainsi qu'à ressentir et observer la palette d'émotions qui me traversait, j'ai à cœur de vous partager quelques lignes depuis un espace de plus en plus en paix. Je ne souhaite pas commenter les événements, mais exprimer ce qui m’habite plus essentiellement.

   

Avant toute chose, je veux manifester ma compassion pour toutes celles et tous ceux qui ont souffert et qui souffrent de ce qui se joue aujourd'hui à la Casa de Dom Inácio.

   

Ensuite, j'aime à me dire que cette lame de fond qui semble tout balayer est une grande opportunité et participe au passage nécessaire d'un ancien paradigme à un nouveau emprunt de plus d'Amour et de conscience. Il est aussi venu le temps de se tourner vers le centre de notre cœur pour y trouver notre propre maître intérieur et notre connexion directe au divin.

   

Paradoxalement, depuis le début, au milieu de la colère et de la tristesse, j’éprouve aussi une grande joie supportée par plus grand que moi.

   

Chacun est au travail à sa façon et tout est à reconnaître et honorer. L'élan de Vie s'exprime de différentes façons.

   

Au-delà de tout, j'ai foi que la Source accueille tout et aime tout d'un même Amour, sans rejeter aucune part de sa création. Je suis profondément inspirée par ce texte de Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste zen, que je suis heureuse de vous partager à la fin de cette communication.

   

Comme vous avez pu le constater, mon site internet voyageaucoeur.com est, à dessein, momentanément inaccessible.

   

Lorsque le moment sera venu, je créerai une nouvelle communication (site, newsletter, page Facebook) qui présentera mon élan de contribution à ce nouveau monde, élan qui prendra certainement la forme d'une participation à l'avènement du féminin sacré.

  

Gratitude, paix et Amour ❤️

     

"Ne dites pas, je serai parti demain,

Car je ne cesse de naître, aujourd'hui encore.

  

Regardez en profondeur : je nais à chaque seconde

bourgeon sur une branche printanière,

oisillon aux ailes encore fragiles,

apprenant à chanter dans mon nouveau nid,

chenille au coeur d’une fleur ;

bijou caché dans une pierre.

   

Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer ;

pour craindre et pour espérer :

Mon coeur est rythmé par la naissance et

la mort de tout ce qui est vivant.

   

Je suis l’éphémère se métamorphosant sur l’eau de la rivière,

et je suis l’oiseau qui, au printemps, naît juste à temps 

pour manger l’éphémère.

   

Je suis la grenouille nageant heureuse dans la mare claire,

Et je suis l’orvet approchant en silence pour se nourrir de la grenouille.

   

Je suis l’enfant d’Ouganda, décharné, squelettique,

aux jambes pareilles à des bambous fragiles,

et je suis le marchand d’armes vendant des armes meurtrières à l’Ouganda.

   

Je suis la fillette de douze ans, réfugiée sur une frêle embarcation,

Se jetant à l’eau pour avoir été violée par un pirate,

et je suis le pirate, au coeur incapable encore de voir et d’aimer 

   

Je suis un membre du Politburo,

et je suis l’homme qui doit acquitter sa «dette de sang» envers mon peuple,

mourant lentement aux travaux forcés.

  

Ma joie est comme le printemps, chaude,

au point d’épanouir des fleurs en tout mode de vie.

   Ma peine forme une rivière de larmes, débordante,

au point d’emplir les quatre océans.

   

S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms,

Que j’entende ensemble mes cris et mes rires,

Que je voie ma joie mais aussi ma peine.

   

Appelez-moi, s’il vous plaît, par mes vrais noms,

Que je m’éveille, et ouvre pour toujours la porte de mon cœur,

 

La porte de la compassion.

 

Thich Nhat Hanh